Le reggae est un style qui est apparu dans les années 60 en Jamaïque. Aujourd'hui sa portée est internationale et son style a évolué (dub, ragga, dancehall...). On compte beaucoup d'adeptes dans le monde entier et des artistes européens se mettent à ce style. Mais bien plus qu'un style le reggae est le témoin d'une culture et d'une religion. Autrefois véhiculant des messages tel que la paix, l'amour et dénonçant le racisme ou l'esclavage, le reggae a aujourd'hui évolué et certains des styles dérivés de celui-ci sont de plus en plus violents. Plusieurs associations homosexuelles ont aujourd'hui fait le constat que les actes homophobes sont en pleine croissance en Jamaïque. En parallèle, de plus en plus de chansons ont des paroles explicites : haine anti-homosexuel, appels aux meurtres d'homosexuels. Il faut savoir que la Jamaïque par une loi votée en 1858 interdit l'homosexualité, notamment l'homosexualité masculine et condamne à 10 ans de prisons toutes personnes ayant des rapports homosexuels. De plus l'église protestante Jamaïcaine soutient cette politique homophobe et pas mal d'artiste s'appuient sur la religion pour expliquer leurs paroles.
C'est sur la scène Ragga/Dancehall que l'on retrouve le plus ces paroles homophobes. Cette musique provient pour la plupart du temps, des ghettos jamaïcain ou la violence y est extrême : viole, meurtre, drogue, guerre de gang. Loin d'un monde calme et joyeux que l'on peut imaginer, les ghettos jamaïcains laissent place au crime organisé et à la pauvreté. Le dancehall est alors utilisé comme un moyen de proférés des menaces entre gang mais aussi une façon pour se faire connaître et de sortir du ghetto. C'est pour quoi les paroles sont souvent si violente à l'encontre de certaines minorités et quels encourages la violence. Des artistes comme Elephant Man ou Bounty Killer revendiquent clairement leur homo phobie et sont pourtant aujourd'hui connu dans le monde entier. Leurs passages en France et en Europe sont réguliers.
Mais l'on peut expliquer autrement la haine et la violence d'autres artistes. Sizzla, Capleton ou Anthony B et bien d'autres appartiennent au mouvement des Bobo Ashantis. Ce mouvement autre fois méprisé par les rastas est de plus en plus en vogue en Jamaïque. Il est pourtant rattaché au rastafarisme mais analyse autrement la bible qui est une des sources de cette religion. C'est au nom de celle ci et de leurs croyances fanatiques qu'ils revendiquent leur homo phobie. Nous sommes bien loin de l'image du gentil rasta voulant un monde meilleur.
On retrouve généralement en complément un racisme anti-blanc que ce soit venu des ghetto ou prôné par des bobos ashantis.
Aujourd'hui, la polémique et en pleine expansion, nombres d'associations homosexuels s'élèvent contre ces artistes. Le meilleur exemple est l'association J-Flag (Jamaican Forum for Lesbians, All-sexuals & Gays) qui pense notamment que la diffusion de morceaux homophobes participent à la montée des crimes de ce type en Jamaïque. Une charte le Reggae Compassionate Act a été signé par certains artistes montrés du doigt. C'est le cas de Beenie Man, Sizzla et Capleton déclarant qu'ils renonceraient à chanter des textes homophobes et admettant qu'il n'y a pas de place pour la haine et la violence dans le reggae. Malgré cela, les promesses ne sont pas tenus et régulièrement durant des concerts des titres et des insultes sont proférés à l'encontre des gais et des lesbiennes. Aujourd'hui des concerts sont régulièrement annulés en France et en Europe grâce à l'intervention d'association soutenant la cause homosexuelle. Sizzla s'est même vu interdit d'entrer dans l'Union Européen. Nous assistons de plus en plus à des contradictions, en effet les même Sizzla ou Capleton qui appelle un jour à la paix entre les hommes demande le lendemain de tuer les blancs ou les homosexuels. Ces contradictions commencent à devenir pesante et il serait bon de donner de lourdes peines à l'encontre de ces artistes.
Mais il ne faut pas non plus généraliser, de nombreux artistes de la scène reggae en Jamaïque et dans le monde entier continu à prôner des valeurs humanistes de paix et défendent les minorités. Cette vague violente dans la grande famille qui cohabite autour du reggae et tout à fait en opposition avec beaucoup d'artiste roots comme Third World ou Israel Vibration... Bien que très religieux beaucoup d'artiste jamaïcain ne suivent pas les dérives du dancehall.
Nous pouvons ainsi tirés de cette polémique autour de ces violences absurdes une question intéressante : Doit on se passer de ces artistes pourtant incontournable à la scène reggae à cause de leur point de vue même si ceux ci sont abjectes ?
Gentleman, artiste allemand très renommé a il y a peu collaboré avec Sizzla dans un de ces albums alors qu'il était montré du doigt par beaucoup en Europe. Gentleman dont les paroles sont souvent engagé et défendant souvent les minorités, a répondu que chez Sizzla il ne regardait pas ses "délires religieux" mais plutôt le musicien prodige qu'il était. Il explique aussi que quand il collabore avec Sizzla il ne collabore pas avec l'homme qui veut "tuer tous les homos" mais bien avec celui qui a prôné la paix dans nombreuses de ses chansons. Gentleman explique aussi que Sizzla a conscience de sa divergence complète de point de vue au sujet de l'homosexualité et a donc choisi exprès de collaborer autour d'un texte prônant la tolérance pour son featuring.
On pourrait cité le marquis de Sade : "C'est l'homme de génie que je veux dans l'écrivain, quels que puissent être ses moeurs et son caractère parce que ce n'est pas avec lui que je veux vivre mais avec ses ouvrages".
Personnellement, je ne prendrais jamais parti en faveur d'artistes comme Capleton ou Sizzla pour les défendre car je trouve leurs comportements abjecte mais je dois avouer que je prend plaisir a écouté de temps en temps leurs chansons. Il faut reconnaître leurs talents, leurs timbres de voix particuliers, leurs arrangements assez géniaux et leur style qui leur est propre. Et je pense que les ignorer c'est ignorer une partie de la grande famille du reggae. Par contre je banni d'office de mes playlists les chansons avec des messages abjectes et pense que dans la mesure ou je ne comprend pas la plupart de leurs paroles (patois jamaïcain) je ne participe pas à encourager leur message. De plus j'évite d'acheter des cds de ces artistes et préfère le streaming pour ne pas financer leurs messages. Je suis aussi conscient de leurs idéaux et par cet article essaye de faire circuler le message pour mieux lutter contre celui-ci et faire prendre conscience de certaine dérive grave dans ces musiques.
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